Quand il pleut
Les pluies de ces derniers jours (ou mois) m’ont laissé quelques instants pour évoquer cette eau tombée du ciel si
souvent bénéfique et quelquefois maléfique.
A Cuges, pays calcaire où les puits sont rares l’eau était récupérée dans des citernes afin d’être ensuite
réutilisée. Chez nous la pluie n’était pas banale et l’on ne manquait pas de commenter son arrivée d’abord
et son passage ensuite.
La pluie en quelques mots…
Après une période sèche les premières gouttes viennent réhydratées les toitures. Cela se traduisait par
un banal : tiens il pleut…
Étape suivante lorsque l’on entend les premières gouttes venir s’écraser au fond de la citerne :
Il pleut bien la citerne coule…
L’intensité de la pluie ne se mesure plus alors au bruit de la citerne mais pour nous qu’y habitons au bord
de la nationale devenue départementale et enfin route de Marseille l’on quantifie la violence de ce qui à
ce moment là est devenu un orage en décrivant le volume d’eau empruntant la route : la route passe
pleine. Signe d’une pluie forte et soutenue.
Sur le plus long terme un épisode pluvieux se traduit par deux constatations. La première très familiale : La citerne est pleine traduisez il a bien plu. La seconde plus territoriale:les sources coulent, le ruisseau de la serre dénommé aussi Pourparel coule.
C’est là la preuve que les nappes commencent à être bien pleines elles aussi et laissent déborder une partie
de leur eau.
Cuges a aussi connu des épisodes plus problématiques avec des orages violents. Les anciens se
souviennent que la violence des eaux avaient emporté des barriques entreposées place de la coopérative
jusqu’au fond de la plaine. Je possède un champ où mon grand-père me disait avoir vu l’eau arriver sauter
un mur qui aurait du la canaliser et creuser sur plusieurs mètres une tranchée d’un mètre de profondeur.
L’eau nous réserve parfois des surprises pas forcément heureuses surtout lorsque l’on oublie d’écouter les
échos du passé.
L’on ne saurait oublier lorsque l’on parle de pluie d’évoquer la famille Cornille qui depuis plusieurs
générations relève et consigne pour les services météo les relevés pluviométrique. Avec eux il n’est pas
question de citerne source ou ruisseau mais simplement de millimètres. Plus rationnel et cartésien mais
moins vivant.

